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 let me in [RINGO]

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Tokyoïte
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Ishida Rina
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MessageJeu 2 Mar - 17:47 (#)
oh la mignonne petite squatteuse !
rina ♢ tengo
Je me tiens droite comme un i devant l’immeuble. Bras croisés et les yeux plissés je regarde avec une étrange ardeur les portes en verre de l’entrée. Les quelques habitant qui passent me regardent bizarrement. J’ai l’habitude. Notre « « famille » » a toujours été sous le feu des projecteurs depuis notre emménagement. Les deux gamins, même pas mariés, qui élèvent un enfant. Leur enfant. Mon enfant. Je soupire. Tout est tellement compliqué. Pour une fois Koichi a sa soirée de libre alors j’ai menti. Je n’arrive pas à l’affronter. J’ai fui lâchement en lui laissant Haruto. J’ai prétexté une soirée entre filles avec Rena. Je comptais aller squatter chez elle mais elle est occupée ce soir. Je n’ai pas osé insister. Me voilà à la rue. Incapable de rentrer chez moi. Un autre mensonge serait facile pour dire que finalement la soirée est annulée. Mais je ne veux pas rentrer. Pour faire quoi ? M’enfermer avec mon fils ? Nous n’avons plus rien à nous dire Koichi et moi. L’ambiance est lourde. Gênante. Stressante. Juste une soirée. Je voudrais m’échapper de cet appartement où je ne me sens plus chez moi. Je voudrais souffler l’espace de quelques heures. Oublier la misère de ma vie. Pas d’angoisse. Pas de culpabilité. Et pas d’amour. Seulement la nuit tombe et je n’ai pas les moyens de me payer un hôtel. J’ai déjà passé une heure sur un banc du parc à regarder des épisodes de sailor moon sur mon téléphone. Mais il y a des choses que même une héroïne en  uniforme marin ne peut régler.

Vous savez ce sentiment que vous n’avez plus choix. Qu’après avoir étudié toutes vos options tout ce qu’il vous reste c’est la pire des idées que vous ayez put avoir. Exit la totalité de mon histoire avec Koichi et Shota. Je fixe avec la même intensité la porte de l’appartement d’Ina. C’est franchement une idée de merde. Puissance mille. Rena doit avoir déteint sur moi. Je n’aime pas ce type. Il ne dégage rien. Pas de mépris. Pas de sympathie. Rien. Du vide. Et pourtant Haru l’adore. Le seul habitant de l’immeuble avec qui j’échange plus que les politesses habituelles. La dernière personne chez qui j’irai chercher refuge. Je plisse encore plus les yeux. Je pointe le doigt et avec une lenteur exagérée vais sonner à sa porte. Faites qu’il ne soit pas là. Faites qu’il ne soit pas là. Et bah non. Je retiens mon expression blasée quand la porte s’ouvre sur le visage inexpressif d’Ina Tengo. Allé Rina il est temps d’user de ton pouvoir de séduction. S’il m’en reste encore. « Bonsoir. » Je dis d’une voix guillerette en forçant un sourire. « Je suis désolée de vous déranger mais j’ai oublié mes clés et il n’y a personne chez moi. » Je me dégoute. « Est-ce que je pourrais attendre  chez vous ? » Je le regarde avec un sourire abominablement large et effroyablement faux. S’il y croit et me laisse entrer, je jure d’arrêter de lui lancer des regards noirs quand il a le dos tourné.


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Ina Tengo
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MessageVen 3 Mar - 16:00 (#)
oh la détestable petite squatteuse.
rina ♢ tengo
Le livreur est passé ce matin.
Il fallut plusieurs heures pour se mettre d’accord pour où accrocher la peinture, et déplacer celles qui devaient pour qu’il y ait la place. Mais finalement, je suis assis, sur mon canapé en cuir, devant ma nouvelle acquisition. J’aimerais me perdre à sa contemplation. Et pourtant, plus de deux secondes à me concentrer dessus et je divague, oubliant ce que j’étais venu y chercher en premier lieu. Je ne peux m’empêcher de faire des recherches sur cette oeuvre, une des plus chères et rares de ma collection, et de ce que les gens peuvent éprouver devant celle-ci.
Je crois me raccrocher à l’espoir qu’un jour, une de ces toiles débloquera ce qui s’est enraillé il y a longtemps. Mes engrenages sont sûrement tous rouillés à force de ne plus tourner, maintenant, et je perds de plus en plus espoir qu’ils puissent re-marcher un jour. Ou en tout cas, si espoir j’avais, ce serait le cas.
Un soupir s’échappe de mes lèvres et je me lève, fais quelques pas, viens toucher la peinture de mes doigts sans aucune gêne, alors que les collectionneurs sûrement auraient fait une crise cardiaque d’un tel geste. J’abîme surement de mon toucher, mais je n’ai pas l’intention de la revendre ou de la donner à qui que ce soit à a mort, elle est à moi. Les choses qui m’appartiennent ne s’échappent jamais de mes mains.
Je fantasme souvent sur le jour de ma mort et comment je pourrai me débarrasser de tout ce que j’aurai accumulé, c’est le mot plus approprié, durant ma vie. Sûrement dans un feu. Il y a quelque chose de fascinant dans cet élément, qui inspire la crainte plus que beaucoup d’autres. Tout ça en flammes. J’aimerais ressentir une quelconque passion à imaginer les cris de détresses des gens qui pourraient voir tout ça disparaître, des milliers, millions, milliards, de l’argent parti en poussière grâce à une allumette. Certains se jeteraient sûrement dedans pour essayer de récupérer quelque chose. Je ne connais pas ça. J’ai toujours tout eu. Et mon père m’a appris à regarder ces personnes avec mépris.
Le silence est assourdissant, et je viens mettre en marche ma platine en m’affalant à nouveau dans le canapé. Je ne fais rien de mes journées. Je ne sais pas si j’ai la force de sortir. Je me suis habillé au moins, même si personne n’est ici : je vis toujours dans la peur que mon père débarque et critique absolument tout, de ma personne ou de ce qui l’entoure. De ce fait, mon appartement est rangé de telle façon qu’on ne saurait pas que quelqu’un y habite, tout est parfaitement nettoyé, et je suis habillé en “tenue correcte” en toutes circonstances. Ma veste me gratte.
Je ne sais pas combien de temps passe avant que la sonnette ne retentisse. Je me dresse avant de me rassurer vite : mon père entre tout seul, il ne sonne jamais. Qui cela peut-être, alors ? Je fronce les sourcils et m’approche de la porte. Ce n’est pas l’interphone, donc quelqu’un qui doit avoir accès à l’immeuble. Je déverrouille la porte et l’ouvre, venant toiser la jeune femme qui se trouve devant. C’est la mère du petit. Haru. Son nom à elle, je ne l’ai pas retenu, ça n’a pas d’intérêt pour moi.
Je la fixe. Je ne cille pratiquement pas dans ces moments, de toute façon j’ai appris à ne jamais baisser le regard et à intimider de cette façon. Même lorsque ce n’est pas le but, j’ai gardé cette habitude, et les gens me trouvent d’autant plus effrayants que je les fixe sans qu’ils ne sachent vraiment pourquoi.
Elle parle. Je n’aime pas sa voix. Je n’aime pas son sourire. Je n’aime rien chez elle. J’ai envie de fermer la porte mais ma curiosité me pousse à rester là, silencieux, au pas. Je ne comprends pas pourquoi elle se force. Sûrement a-t-elle peur que je la rejette, mais ne comprend-elle pas qu’un tel comportement ne fait qu’augmenter les chances d’une telle réaction de ma part ?
“Pourquoi n’essayez vous pas de monter par la façade ? On est pas très haut” je dis nonchalamment malgré les nombres d’étages qu’il faudrait escalader pour arriver à sa fenêtre. Je n’ai aucune envie de la laisser entrer chez moi, de plus je ne vois pas pourquoi elle a tapé à ma porte plutôt qu’à n’importe quelle autre. ça n’a pas de sens. “Je vous prête une corde si vous voulez” j’ajoute rapidement. Ce serait drôle tiens, si j’avais vraiment une sorte de pièce cachée avec tout un tas d’instruments de ce genre, pour faire peur aux gens.
La musique trop forte enclenchée un peu plus tôt s’engouffre depuis l’ouverture de la porte dans le couloir, je n’ai pas pour habitude de me préoccuper des voisins pour écouter ce que j’ai envie. Je continue à la fixer en silence, plusieurs minutes, me demandant si elle va enfin penser à déguerpir. Apparemment non.
“Je veux bien mais ça sera 5000 yens le quart d’heure. Pour le dérangement.” je dis finalement en ouvrant la porte et en la laissant ainsi, rentrant à nouveau dans mon appartement. ça pourra peut-être m’occuper, après tout. Et puis s’il n’y a pas l’enfant j’ai moins de raison de faire attention à ce qui sort de ma bouche.


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Ishida Rina
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MessageMer 8 Mar - 12:48 (#)
oh la mignonne petite squatteuse !
rina ♢ tengo
Je déteste mon attitude. Je n’ai pas envie d’être là. Je n’ai pas envie de lui parler. Pas envie de ce sourire hypocrite. Si j’avais pu faire autrement je ne me tiendrais pas devant lui à quémander l’hospitalité. Mais je sais que je peux lui faire confiance. Sans même que je lui demande il n’ira jamais raconter à qui que ce soit que je suis venue sonner à sa porte. Et cette histoire ne remontera pas aux oreilles de Koichi. Je ne veux pas que notre situation actuelle empire. Quitte à passer quelques heures en compagnie de quelqu’un que je n’apprécie pas particulièrement. Voir pas du tout. Je garde un sourire figé. Le coin des lèvres tremblants. A peine ouvre-t-il la bouche que mon expression perd toute sa fausseté. Ma figure blasée me rend tout de suite plus au honnête. Il se fout de ma gueule, non ? Je n’arrive pas à savoir s’il est sérieux ou s’il se moque de moi. Les deux seules choses dont je suis sure à son propos sont qu’il est richissime et qu’il aime bien Haru. C’est tout. Le reste est inexistant. Que du vide. Voilà ce que cet homme m’inspire. Et je n’aime pas mais alors pas du tout ça. Ha. Ha. Ha. Il doit se moquer de moi. Oui ça doit être ça. Je ries jaune. « Je n’ai jamais été très douée en escalade. Mais peut-être que si vous me montrez l’exemple en premier. » Et que tu tombes et que tu meurs, j’adorerais. Je me fais fureur pour ne pas le provoquer ou utiliser un ton trop brutal. Le but est d’entrer chez lui pas de se faire jeter dehors après avoir lancé des menaces de mort. Même si j’ai très envie de faire demi-tour. Seulement l’idée de passer plusieurs heures dans le froid ne me réjouit que très peu. Résiste Rina. Ce n’est qu’une question de quelques heures. Dis-toi que ta présence à l’air de l’ennuyer autant que toi. C’est bien la seule chose qui pourrait me réjouir un tantinet.

Je ne bouge pas. J’attends. Qu’il me donne au moins une réponse. Positive ou négative. Parce que ce n’est un visage inexpressif, une remarque désagréable et sa porte toujours ouverte qui vont me donner la réponse. S’il m’avait claqué la porte au nez là au moins j’aurais compris. Là je ne sais pas. Je ne le comprends pas. Nous restons quelques minutes à nous dévisager. De longues minutes où j’essaies de ne pas me tortiller. Je n’aime pas rester immobile comme ça. Avec pour seul accompagnement sa musique. Le style ne m’étonne pas venant de lui. Il a bien la tête du gosse de riche qui écoute des grands classiques. On se croirait dans un mauvais drama coréen. Ah. Enfin une réponse et positive en plus. Je souris mais cette fois pour de vrai. Je ne me fais pas prier plus longtemps et entre dans l’appartement. « Vous  me ferez une facture. Je déduirais cet argent de celui que nous mettons de côté pour les études d’Haruto. » Je finis par lui répondre sans sourciller. Tu peux t’enfoncer le doigt dans l’œil jusqu’au coude si tu penses que je vais te payer. Il devrait m’être reconnaissant de le laisser jouer avec Haruto. « Merci et désolé pour le dérangement. » Je dis en quittant l’entrée. Wow. Je reste ébahie devant sa collection de peintures. Il y en a sur absolument tous les murs. C’est la première fois que j’en vois autant dans un endroit de cette taille.



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Ina Tengo
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MessageMer 8 Mar - 13:32 (#)
oh la détestable petite squatteuse.
rina ♢ tengo
Elle finit finalement par abandonner rapidement sa fausseté insupportable et j’en suis satisfait. Il n’y a rien de pire que les gens qui s’accrochent alors qu’il est évident que leurs efforts sont inutiles, mais elle a tout de suite abandonné son semblant de gentillesse à l’égard de mon personnage qui ne doit pas, pour elle, être particulièrement plaisant. Je n’en sais trop rien après tout. Je ne lui ai jamais parlé, mais j’ai beaucoup parlé à son enfant lorsque je les ai croisés. Je ne sais pas comment un être comme celui-ci a pu sortir de … ça. Mais je suppose qu’il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas dans ce monde. Elle accepte de rentrer et je me doute bien qu’elle ne me paiera jamais, elle ne sait de toute façon probablement pas si je le dis sérieusement ou pas, comme moi. Je me surprends à apprécier son ton acerbe, il n’y a que peu de personnes qui osent me répondre comme cela, surtout les femmes qui se trouvent rapidement intimidées de ce que j’ai pu remarquer.

Je finis par me retourner vers elle avec un demi sourire et l’observe en train de regarder les murs. J’en profite pour aller fermer la porte à clé, je n’aime pas spécialement la garder ouverte même quand je suis à l’intérieur. Peu de personnes entrent chez moi, je ne suis pas étonné de la voir observer un peu le paysage, qui ne doit sûrement pas être le même qu’à beaucoup d’endroits. En même temps, peu de personnes ont un capital financier comme le mien, même s’il ne m’appartient pas exactement. Je la fixe un moment en silence, attendant qu’elle fasse peut-être une remarque avant de sentir l’ennui pointer. “Je m’en fiche légèrement” je réponds à ses remerciements et ses excuses. Il n’y a rien que je hais plus que ça, les conventions de la vie sociale, ces mots vides de sens. Elle ne m’est reconnaissante en aucun point, je ne sais même pas ce que c’est que de se sentir reconnaissant envers quelqu’un. Reconnaissant ou redevant, en plus, la limite est si fine.

J’arrête la musique et pars de la pièce, pour aller dans ma chambre, vaquer à mes occupations. Comme si elle n’était pas là. Pour moi ça revient au même, est-ce qu’on est censé divertir un invité qu’on a même pas invité ? Et je me dis que ça la déconcertera peut-être d’être laissée à elle même. Bien entendu que chez quelqu’un avec qui on n’entretient pas l’ombre d’une relation, on se sent gêné, et on a l’impression de ne pas savoir où se mettre. Enfin c’est ce que je crois. Je lis un peu, de toute façon elle ne peut pas partir parce que je nous ai enfermé à l’intérieur et que j’ai la clé dans ma poche, et environ une demi heure plus tard, je sors de la pièce en m’étirant. Je tire un peu sur mon col qui m’étouffe.

“Pourquoi est-ce qu’il n’est pas là ?” je demande de la façon la plus neutre existante, me rapprochant d’elle. Le “il” impliquant la seule personne pour qui je peux porter un peu d’intérêt aka son enfant, ou en tout cas ce que j’ai toujours pris pour son enfant. Si ça se fait c’est un neveu ou quelque chose, après tout elle est assez jeune. Je ne sais pas si j’ai déjà croisé un homme qui pourrait être le père, parce que je ne prête pas vraiment attention à qui se balade dans les couloirs. Je regarde majoritairement dans le vide. “Est-ce qu’il a compris que pour survivre il devrait fuir votre foyer ?” je demande avec un petit sourire malin. Je ne sais pas moi même trop ce que je sous entends par ça, mais je sais que les gens aiment entendre ce qu’ils aiment dans ce qui sort de ma bouche, et que cela révèle pas mal sur eux.


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Ishida Rina
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MessageMer 8 Mar - 16:44 (#)
oh la mignonne petite squatteuse !
rina ♢ tengo
Je me sens toute petite dans ce grand appartement aux murs recouverts de tableaux. Je donnerais ma main à couper qu’elles viennent toutes de grands maitres. Il me semble reconnaitre certaines œuvres. Ça dépasse l’entendement. Ce type doit être plein aux as. Je devrais peut être lui facturer ces temps de jeux avec Haru. Ah… Je n’aime pas l’idée que l’argent ait une grande place dans ma vie. Pas plus que je rêve d’être riche. Mais tout de même, ça doit agréable d’être dans sa situation. Sa collection est tout bonnement impressionnante. En le voyant comme ça je ne l’aurais pas imaginé grand collectionneur d’art. Quoi que je n’ai jamais été particulièrement douée pour cerner les gens. Je me retourne pour le regarder. Je souris en coin. Au moins il a la décence d’être honnête. Bien que je ne l’imaginais pas une seule seconde me dire à quel point il est ravie de m’avoir chez lui, ni même qu’il m’offre du thé et des biscuits. Ce serait gênant et totalement surréaliste. Je préfère l’entendre me dire que ma présence le dérange quand même un peu.

L’absence de musique donne l’impression d’être dans un appartement témoin. Trop propre. Trop ordonné. Et pas assez humain. Il vit sous vide ? ça me donne envie d’aller mettre le bazar dans ses affaires. Comme échanger les livres de place dans la bibliothèque et déranger les coussins du canapé. Une délicieuse tentation qui m’arrache un sourire sadique. Il va me prendre pour une folle. Je me retourne vers l’endroit où était mon voisin mais personne. Il a disparu et je me retrouve toute seule l’air un peu idiote dans son salon. Ouais bon. D’un côté je ne m’attendais pas à ce qu’il me fasse la conversation et qu’il se conduise en hôte de qualité. C’est quand même moi qui me suis invitée  et nous ne sommes pas proches. Je reste quelques minutes ans trop savoir quoi faire. J’ai toujours la même envie de redonner vie à l’endroit mais ce serait un peu abusé. Je laisse glisser la hanse de mon sac le long de mon bras. Il tombe dans un bruit sourd sur le parquet et mon calepin essaie de se faire la male sur le sol. Je regarde mon œuvre satisfaite. L’endroit à l’air déjà plus habité. Plus humain. Je l’abandonne là, au milieu du salon. Je me met à observer chaque toile avec attention. Il y en a tellement. Suffisamment pour tuer le temps. Il y en a presque trop c’est un peu dommage. L’accumulation leur fait perdre leur unicité.

C’est Kyosuke qui serait vert. Je pourrais peut être prendre quelques photos pour lui montrer. Je jette un coup d’œil par-dessus mon épaule pour vérifier que je suis seule. Comme une voleuse. Je vais chercher mon téléphone dans la poche de mon manteau que j’ai abandonné sur le canapé. Je fais attention au moindre bruit alors que j’ouvre l’appareil photo. En soit ce n’est pas bien grave. Que je prenne des photos. Non ? Je ne fais rien de criminel. Et les tableaux ne sont pas fait pour être cloitrés mais pour être admirés. Je regarde les clichés que j’ai pris. C’est un tel bordel. On se croirait dans ma chambre tient. Sauf que chaque pan de mur coute de quoi nous faire vivre pendant plus d’un an Haruto et moi. Je manque de faire tomber mon téléphone quand sa voix résonne dans la pièce. Mon cœur bat la chamade. J’ai l’impression d’être une criminelle prise sur le fait. Ma tension redescend bien vite. Il parle d’Haru. Je suppose. C’est bien le seul être humain qui semble l’intéresser. « Il est avec son père. » Ces mots me brulent les lèvres. Ce n’est pas tant le fait de mentir qui me dérange mais c’est l’effet que ça me fait à chaque fois que je fais référence à Koichi comme étant le papa d’Haruto. Tout est tellement compliqué. « Pas encore. Il persiste à penser que je suis un modèle d’exception. » Je rentre dans son jeux. Il sourit. Pas beaucoup mais il montre quelque chose qui ressemble de près ou de loin à une émotion. C’est tout à fait déstabilisant. « Mais Koichi est le parfait employé d’Ishikawa. Je supposes que ça balance avec mon incompétence. » Prends ça Koichi. C’est sorti tout seul. Je ne peux m’empêcher de montrer mon agacement. Que ce soit le but ou non je me sens tout de même piquée à vif par sa réflexion.

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Ina Tengo
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MessageMer 8 Mar - 22:07 (#)
oh la détestable petite squatteuse.
rina ♢ tengo
Elle me répond. Il a donc un père. Et il est avec lui.
Question : pourquoi la mère qui vient de dire qu’elle était enfermée dehors n’est pas avec eux. Pourquoi ne l’a-t-elle pas appelé lui. C’est qu’il y a forcément une histoire là dessous et je suis intrigué, après tout je n’ai pas grand chose à faire d’autre, que d’en apprendre un peu plus, et de m’occuper. Pas parce que je suis particulièrement intéressé par l’histoire de sa vie, par elle, mais parce qu’avec certaines informations, il est possible de pimenter un peu le quotidien. Puis elle continue à parler. Et je sens quelque chose. J’ai touché un point. Forcément. Quand on lance dans le vide, ça touche forcément quelque chose, même si on ne visait rien en particulier.
Je me rapproche de l’endroit où elle est, debout devant les peintures, sûrement était-elle en train de les regarder, mais mon pied bute sur quelque chose. Je ne sais pas pourquoi cette onde de peur me traverse le corps, sûrement parce que ça n’arrive jamais, ça, quelque chose d’imprévu, pas dans mon espace, pas dans mon chez moi, sinon c’est.. Mon esprit s’emballe et je baisse le visage doucement, pour voir un sac, avec un calepin à moitié sorti. Un cadeau de mon hôte, sûrement. Je me penche avec une lenteur presque effrayante pour attraper le calepin que je replace dans le sac. “En général les gens emportent des chocolats ou des fleurs, mais je ferai avec” fais-je, en montrant l’absence de toute intention de lui rendre ce qu’elle a laissé par terre.
Je la jauge du regard. Je me demande si elle a fait exprès. Je ne vois pas comment le contraire aurait pu être possible, elle a sûrement vu ici que tout était parfait, peut-être s’y sentait-elle mal à l’aise. Seulement, elle n’a pas la liberté de changer le lieu comme elle le veut. Je devrais la virer sur le champ.


Je me dirige vers un meuble et mets le sac dans un tiroir avant de le repousser et de le fermer avec une de mes clés, que je replace avec les autres dans mon trousseau. Je prends mon temps. Puis je viens à ses côtés et lève les yeux sur le tableau devant lequel elle s’est arrêtée. “ça vous fait quelque chose ?” je demande presque curieusement. C’est un supplicié ici, et la douleur est presque impossible à fixer sur le visage de cet homme, entre vie et mort. C’est en tout cas ce que m’avait dit la personne à qui je l’avais acheté. Que ça serrait la poitrine, qu’on avait l’impression d’étouffer. Et pourtant, je me trouvais toujours aussi stoïque devant. Ce n’était pas tant l’aspect graphique de la torture infligée, mais les expressions de son visage qui étaient impressionnantes. Un vrai martyr.


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Ishida Rina
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MessageJeu 9 Mar - 14:53 (#)
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rina ♢ tengo
Ça doit être la seule chose que j’apprécie un tantinet chez cet home. Sa discrétion. Il ne me pose pas plus de questions sur Koichi ou Haruto. Ou peut-être ne s’intéresse-t-il tout simplement pas à mon existence. L’un ou l’autre, cela m’arrange bien. je n’ai pas envie de m’attarder sur le sujet. Et quand je suis obligée de le faire j’ai presque instantanément envie de plonger la tête dans une bassine d’eau froide pour crier. Je finis par quitter des yeux mon téléphone et le glisse dans la poche arrière de mon pantalon. Je me retiens de pouffer de rire alors qu’il bute dans mon sac. Cet image me ravie plus que de raison. J’ai l’impression d’avoir complètement chamboulé son espace vital. Je suis très conciliante en général. Je m’arrange toujours pour que les choses soient en faveur ou plaisent aux autres. Pourtant avec lui je me découvre un sérieux penchant pour le dérangement et ennuyer autrui. Je lui offre pour première réponse un grand sourire, sans révéler mes dents. Une expression dévoilant ma fourberie et le but de l’abandon de mon sac. « J’y penserais. » Je finis par lui dire. Pour une raison que j’ignore je prends un malin plaisir à l’embêter. C’est tellement dommage que son visage soit inexpressif. C’est peut-être parce que je ne l’aime pas. Que je prends un tel plaisir.

Mon sourire s’évanouie sur mon visage. Je le regarde médusée ouvrir un tiroir et y fermer à clés mon sac. Note à moi-même : ne jamais aller foutre le bordel chez ce type. Par réflexe je fais un pas en direction du canapé sur lequel est mon manteau. On ne sait jamais. Je ne sens pas l’utilité de lui faire un scandale pour qu’il me rende mes affaires. Parce que je pense qu’il s’en fou royalement. Gros con. Si ça me fait quelque chose ? Bien sûr espèce de sale con, tu viens de me piquer mon sac ! « ça me fait carrément chier, tous mes rendez-vous sont notés dans ce carnet et j’ai besoin de ma carte de crédit. » Je lui réponds encore plus blasée que lorsqu’il m’a proposé d’escalader la façade tout à l’heure. C’est dire. Je relève la tête vers lui. Il semble regarder fixement le mur. Je suis son regard qui s’est arrêté sur une grande toile qui nous fait face. On est un peu trop prêt pour profiter pleinement l’œuvre. « Oh. La peinture vous voulez dire ? » Je pince les lèvres sur le côté en même temps que je me concentre dessus. Magnifique. La technique du peintre est époustouflante. La souffrance de l’homme peut se lire avec une telle netteté. La personne qui a peint ça est un véritable génie. « C’est impressionnant. On pourrait presque l’entendre hurler de douleur. Le travail de l’artiste est fabuleux. » Je pourrais presque avoir mal pour lui. Presque. « Mais il faut souvent prendre un peu de recul pour pouvoir pleinement admirer une œuvre. » Sur ces mots je recule de quelques pas avant d’hocher la tête. Satisfaite. Là c’est mieux.


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MessageJeu 9 Mar - 18:35 (#)
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je hausse les épaules. elle n’avait qu’à pas commencer à faire comme chez elle, voilà tout. on ne récolte que ce qu’on sème, je ne sais pas à quoi elle s’attendait. Pensait-elle que j’allais lui crier dessus, piquer une crise, ou quelque chose de plus ridicule encore ? Je n’ai pas que ça à faire. Seulement, je ne laisse pas non plus les provocations impunies, ce serait signe de faiblesse évidente. “j’espère que vous avez une bonne mémoire alors. quant à la carte… vous avez un mari, non ?” je ne fais que répondre à ça, alors que je la laisse réfléchir à ce que je lui ai demandé. Je l’observe, alors qu’elle regarde la peinture. Voir ce que ça fait, sur le visage d’un autre, de ressentir, ou de se sentir touché par quelque chose, même de façon très nébuleuse. Et elle parle, je la laisse, et l’observe s’éloigner. Je suis un peu surpris, j’ai l’habitude de me mettre pratiquement le nez contre la toile, je la touche même parfois en me disant que ça provoquera quelque chose, je ne prends guère du recul.

Je viens me placer à ses côtés et regarde la peinture. Elle dit comme tous les autres. Pourtant elle ne la connaissait sûrement pas avant de la voir, puisqu’issue d’une collection privée et maintenant dans mon salon. C’est qu’elle l’a senti, qu’elle l’a vu. Je tourne à nouveau le regard vers elle et détaille ses traits. J’ai envie de toucher pour voir si ça fait comme toucher la peinture sur le tableau. La ligne du sourire et l’arc du nez, les contours de l’oreille.

Mon regard revient trouver la peinture et je ne fais que sortir un petit “hum” qui ne veut pas dire grand chose. Quoi dire. Je reste silencieux un long moment à regarder les traits, ne cillant presque pas, avant de reprendre la parole, tout en gardant les yeux dans la même direction. “Est-ce que vous avez déjà hurlé de douleur ?” je souffle doucement, ma voix s’élève à presque un murmure, cassant le silence dérangeant et presque étranger d’un habitat toujours empli de sons stridents. “Est-ce que vous avez déjà eu mal, jusqu’à penser qu’après cette douleur, il vous serait incapable de ressentir quoi que ce soit à nouveau ? Le point de rupture de votre vie, qui aurait sûrement dû être une fin ?”


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Ishida Rina
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MessageVen 10 Mar - 15:12 (#)
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Gros con. Je plisse le nez en le regardant avant de me concentrer sur la peinture. Je ne préfère pas lui répondre. Je me sens tout à fait capable d’exploser et de me mettre à lâcher un flot de paroles en continue. Tout ça pour dire que Koichi n’est pas mon mari mais juste un garçon trop gentil pour son propre bien que j’ai bien entourloupé. Je doute qu’il soit intéressé par la complexité de ma vie. Et encore plus qu’il veuille m’entendre m’étendre sur le sujet. D’ailleurs rares sont les personnes au courant. Même Shota n’en sait rien. Alors qu’il est l’un des principaux intéressés. Seuls Koichi et moi sommes au courant de la vérité. Rena vaguement. Je lui en ai touché quelques mots sans vraiment rentrer dans les détails.

Je prends du recule devant cette œuvre qui m’impressionne plus par la technique du peintre et du réalisme des expressions, que par son aspect esthétique. Le tableau par excellence que je n’afficherais pas dans mon salon. A mes yeux elle n’est belle que parce que l’artiste à un coup de pinceau de génie. « Je suis moins touchée par la peinture. Pas assez humain à mon gout. La photographie est un art qui m’émeut plus. » Déformation professionnelle ou alors est-ce cette raison qui m’a poussée à devenir photographe. Ou peut-être que je manque tout simplement de compassion. Ou alors ce sont ceux qui pourraient pleurer devant ce genre d’œuvre qui sont trop émotionnels. Qui sait. Je n’ai jamais pleuré devant une photographie. Aussi horrible soit-elle. Comme ces clichés d’enfants défigurés par la guerre ou de population dévastée par la famine. Elles me dérangent mais pas au point de verser une larme. C’est fou comme une simple question a pu m’amener à me questionner sur ma sensibilité.

J’ai envie de pouffer de rire à sa question. Demander à une femme qui a donné naissance si elle a déjà hurlé de douleur. Cet homme me parait bien naïf tout d’un coup. « Vous n’avez jamais assisté à un accouchement. » Je souris en coin en le regardant. Je ne sais même pas quel âge il a mais je me sens soudainement comme si j’avais dix ans de plus. « L’accouchement est un acte abominable. Vous hurlez à la mort. Le monde arrête de tourner. Votre corps se déchire et puis tout d’un coup plus rien. On vient vous montrer un petit bout d’être humain tout fripé. Et le plus étonnant dans tout ça c’est qu’on vous dit que c’est vous qui l’avez fait. Soudainement le moment le plus douloureux de votre vie devient le meilleur. » Je souris un peu dans le vague en me souvenant la naissance d’Haruto. Je pourrais presque en pleurer.


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Ina Tengo
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MessageVen 10 Mar - 21:37 (#)
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rina ♢ tengo
Je n’y connais rien, en photographie. C’est un des arts que je n’ai pas exploré de fond en comble, tout simplement parce que je ne comprends pas comment il peut y avoir de l’émotion dans une copie pure du réel. Ce qui montre bien que je n’y connais rien diraient sûrement ceux qui le pratiquent ou qui en sont férus, mais je n’ai jamais même essayé de me concentrer sur un cliché. Cela me semble peine perdue, quand toutes ces oeuvres ne me font rien. Seulement, elle pique ma curiosité, je ne peux le nier. Qu’est-ce qui peut l’émouvoir dans la photographie ? J’ai envie de savoir. J’ai envie qu’elle me montre. Qu’elle me l’explique, avec l’espoir d’en comprendre un petit pourcentage. Je me plonge dans cette réflexion jusqu’à ne rien écouter de ce qu’elle répond à ma question. Je finis par submerger au bout d’un moment, j’ai laissé au moins cinq minutes s’écouler depuis la fin de ses paroles et vins la regarder. Je ne m’en rends même pas compte mais je suis à nouveau l’homme le plus malpoli au monde (de toute façon, si je le savais, ça ne me ferait guère quelque chose).

“Vous prenez des photos ?” Mon cerveau se rebranche, je sens les connexions se refaire. Quelques bribes de ses paroles reviennent à mon esprit, de celles que mes oreilles ont pris sans faire le chemin jusqu’aux connexions nerveuses. Accouchement. C’est vrai. Il me semble avoir un tableau sur ça quelque part dans mon apparemment. Haru. Son enfant est né dans la douleur. Tous les enfants naissent dans la douleur. Je fronce les sourcils et me renferme à nouveau dans un mutisme. Je pense à ma mère. Je ne sais même pas à quoi ressemble son visage, mon père a depuis longtemps effacé toutes traces de son existence de nos archives, ainsi que de tout l’internet qui aurait pu en sauvegarder quelques bribes. Ce genre de comportement louche qui pour moi n’occasionne qu’un haussement d’épaules : j’ai l’habitude.

“Vous avez des photos de Haruto ?” Je relève le regard rapidement vers elle. J’ai soudainement envie de voir ce petit être à sa naissance, à quoi il ressemblait, je veux voir des moments figés sur la pellicule. Est-ce qu’un enfant garde de cette douleur qu’il occasionne à sa génitrice ? N’en porte-t-il pas le fardeau toute sa vie ? Je souffle.


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Ishida Rina
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MessageLun 13 Mar - 16:26 (#)
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rina ♢ tengo
Ah. J’ai parlé dans le vide. Fini mon sentimentalisme de maman poule. C’est comme s’il avait pris mon honnêteté et mes sentiments et aurait shooté dedans pour les envoyer valser, loin. Très loin. Je les regarde, désabusée, s’envoler vers un avenir sombre. Je pourrais presque y aller de ma petite larme. Je déteste cet homme et il semble me donner de nouvelles bonnes raisons de le faire toutes les trois minutes. C’est son long silence après ma tirade qui me le fait comprendre. Ainsi que son absence de réaction. Même s’il semble totalement dépourvu de cette chose qui vous fait réagir quand les gens vous parle. Ce qui doit être sacrément handicapant au quotidien. Pour lui comme pour les autres. C’est ça. Du vent. Que du vent. Je lui jette un regard noir. Je ne m’attendais pas à ce qu’il se passionne par mes paroles. Ni même qu’il me montre un intérêt surdimensionné mais là. C’est un peu fort. Ce n’est pas que je suis en colère. Vexée est surement le mot le plus adapté à ce que je ressens. Il pose une question. Je lui réponds et il trouve encore le moyen de me montrer qu’il s’en moque et qu’il ne m’a pas vraiment écoutée. Je reste muette une petite minute. Le temps de me décider à lui parler à nouveau. Une véritable enfant. De toute façon je ne vois pas la nécessité de faire la moindre réflexion ou de me mettre en colère. Je suis sure qu’il se fou complétement de ce que je peux penser.

« Je suis photographe. C’est mon métier. » ça en jette toujours un max quand je dis que je suis photographe. Les gens s’imaginent quelque chose de merveilleux. Que je fais des photos pour des magazines de modes ou que j’expose mes clichés artistiques. Alors que mon métier se résume aux photos d’identité et aux photos de mariage. Et une fois par an aux photos de classe. Le reste n’est réservé qu’à une poignée de privilégiés dont je ne fais pas partit. J’attends à nouveau qu’il parle. « Je dois bien en avoir quelques une sur mon téléphone. Généralement j’ai toujours un appareil sur moi. Pas ce soir. » Et quand bien même j’en aurais un, il serait enfermé dans son foutu tiroir. Je ne sais pas trop comment prendre cette histoire. Voir des photos d’Haru. L’espace d’une seconde une pensée des plus dérangeantes me traverse l’esprit. C’est dégueulasse. « J’ai des photos d’Haru bébé à la maison. Je pourrais vous les montrer une prochaine fois. Mais il va falloir me rendre mon sac d’abord. » Je suis une mère indigne. Je négocie des photos de mon fils contre mes affaires. Je me savais déjà bonne pour bruler en enfer mais je n’améliore pas mon cas.


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Ina Tengo
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MessageLun 13 Mar - 17:13 (#)
oh la détestable petite squatteuse.
rina ♢ tengo
Je lève un sourcil. Photographe. Mon intérêt est piqué d’un coup, ainsi, elle n’apprécie pas que l’art, elle laisse sa trace. Je n’aurais pas imaginé ça en la voyant, je pensais sûrement à tort que les photographes devaient avoir un air un peu excentrique comme tous les artistes. Je la jauge sans gêne du haut de la tête aux pieds, me demandant où aurais-je pu avoir un indice de sa profession, mais je n’y vois rien. Cela me laisse perplexe. Elle répond quand même à mes questions et je ne sais pas trop si je détecte de l’agacement dans la façon dont elle parle, ou dans son regard, dans son corps, en tout cas il y a sûrement quelque chose. Je ne le comprends pas et je ne cherche pas à en savoir plus, les gens ne me trouvent pas très sympathiques habituellement, ou en tout cas c’est le retour que l’on me fait la plupart du temps. Elle propose un marché et je hoche la tête, ce n’est pas comme moi d’accepter si facilement de renverser la donne mais j’ai envie de voir ces photos. Je la crois presque naïvement quand elle dit qu’elle va me les montrer, et je pars vers le meuble pour déverrouiller le tiroir et le prendre entre mes mains.

Je jette un regard à l’intérieur (sans fouiller), histoire de vérifier qu’elle ne m’a pas menti tout de même, mais non, je ne vois aucun appareil photo. Je finis par me rapprocher d’elle à nouveau et lui tends. “Promis ?” je lui demande. C’est assez comique sortant de ma bouche, on dirait un enfant qui veut s’assurer qu’on va bien lui donner une sucette s’il fait ses devoirs, mais il est vrai que dans pas mal de mes attitudes je peux être pire que borderline dans l’âge que je suis supposé avoir. “Je ne comptais pas le garder. Mais il traînait. Je n’ai pas le droit de déranger l’ordre” c’est tellement habituel pour moi, on me l’a entraîné dans l’esprit comme cela, que je ne me rends même pas compte que le dire de cette façon est un peu bizarre. Je n’ai pas le droit. Et pourtant je suis chez moi, je suis censé prendre toutes les décisions ici. Je n’ai même pas dit que je n’aimais pas ça. “Et vos photos ? Je pourrai les voir ?” je demande en penchant légèrement la tête, me déplaçant pour venir me mettre face à elle et la fixer. “Je ne vous aurais jamais imaginée photographe. Enfin, je n’ai pas particulièrement imaginé quoi que ce soit sur vous, mais si on me l’avait demandé, je n’aurais jamais répondu ça.”

Je me rapproche, aucune notion d’espace personnel, et je la fixe, avant de dire. “Vous m’apprendriez ?”

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