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Moon Hyeri
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MessageMar 11 Avr - 21:13 (#)

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Enveloppée du silence de l'appartement, Hyeri fixait le plafond de sa chambre. Si blanc, si lisse, comme sa vie d'avant. Un tic nerveux déforma les traits harmonieux de son visage. Avant. Un soupir s'échappa de ses lèvres, alors qu'elle fermait les yeux. Elle était ridicule. Allongée là, sur son lit, sans avoir pris la peine de se glisser sous les couvertures. Que dirait Koichi, lorsqu'il rentrerait ? Elle ne pourrait même pas faire semblant de dormir, comme elle le faisait si souvent, ces derniers temps. Pourquoi sa colère ne se calmait-elle pas ? Pourquoi sa peine grossissait-elle de jour en jour ? Elle savait qu'elle devrait crever l'abcès, parler avec Koichi. Après tout, il était son élu, elle pouvait bien lui dire ce qui lui pesait sur le cœur.

Parce que, malgré tout, il lui manquait. Ils ne faisaient plus que se croiser, ces derniers jours, et lorsqu'ils discutaient, ce n'était que pour s'échanger des banalités que même elle trouvait ennuyeuse. Pourtant, les mots restaient coincés dans sa gorge. Parfois, Hyeri se surprenait à vouloir attraper Koichi par les épaules et le secouer très fort. Si seulement elle avait hurlé, si seulement elle avait cassé la vaisselle. Sentant les larmes lui monter aux yeux – comme à chaque fois – la jeune femme se tourna sur le côté, et le parfum de son élu lui fit chavirer le cœur. Sous ses paupières, le remous qu'il causait en elle se manifesta cruellement. Elle retint fièrement son flot, reniflant bruyamment, comme une enfant blessée. Elle aimerait dormir, ce serait peut-être mieux, finalement. Mais les souvenirs de ce jour terrible la hantaient encore trop.


Quelques jours plus tôt...


Assise à la table de la cuisine, Hyeri lisait avec intérêt un journal anglais qu'elle se procurait sur Internet. Un article s'étalait devant ses yeux, tentant d'expliquer les conséquences du Brexit. La Coréenne déchiffrait lentement, hochant parfois la tête d'un geste entendu, alors que sa main caressait doucement Lee Bae confortablement installée sur ses genoux. Lorsque le tintement du trousseau de clé de Koichi leur parvint, les deux relevèrent la tête d'un même mouvement. Si un sourire s'étalait sur les lèvres de la jeune femme, la chatte, elle, disparut sous un meuble, comme à son habitude. Eteignant sa tablette tacticle, Hyeri se lissa les cheveux, un tic qu'elle semblait avoir pris depuis quelques jours.

« Okaeri ! » Sa voix sonnait comme celle d'une parfaite épouse. Et comme si ça ne suffisait pas, elle le rejoignit même dans l'entrée, se penchant tendrement vers lui pour déposer ses lèvres sur les siennes. Une nouvelle fois, Hyeri se retint de justesse se retint de faire la moindre remarque sur sa mine fatiguée. A la place, elle lui offrit le sourire le plus charmant qu'elle possédait, le précédant dans l'appartement qui devenait peu à peu le sien à lui aussi. Son cœur s'emballait, lorsqu'elle y pensait. Koichi restait plus souvent avec elle, et ce n'était pas vraiment pour lui déplaire. « J'ai fait du thé, tu en veux ? » Elle attrapait déjà une seconde tasse qu'elle déposa à côté de la sienne. Mais elle hésita ; il préférerait peut-être une bière ? Hyeri se considérait déjà chanceuse que son élu ne passe pas ses fins de journées dans les bars avec ses collègues. Elle pouvait donc bien lui accorder ça. « J'ai essayé de faire un curry correct... » Trop de mots dans cette phrase signalait son échec, confirmé par son nez plissé. Un petit sparadrap au bout de son index indiquait sa mésaventure avec l'épluche légume. La Coréenne avait rapidement abandonné. « Je suis désolée. Ce sera omurice. » Végétarienne. Encore. Au moins l'omelette cachait la misère.

Rejoignant Koichi sur le canapé, elle lui tendit la boisson qu'il avait choisi. Sa main lui caressa tendrement le visage, tandis qu'elle collait son front à sa tempe. Restant un instant ainsi, dans cette douce position, elle se redressa, la mine lumineuse, lui collant un baiser sur la joue. « Tu as passé une bonne journée ? » Levant sa tasse de thé jusqu'à ses lèvres, Hyeri fit l'effort de ne pas remarquer qu'elle évitait de le regarder. Car sous son calme et sa sérénité apparents, derrière le bonheur qui s'affichait, grondait l'orage d'un très mauvais pressentiment.



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Kobayashi Koichi
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MessageMar 11 Avr - 23:26 (#)

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Pour la quatrième fois sur les cinq minutes qu’il venait de passer au vestiaire, Koichi replaça correctement le col de son uniforme, puis décida de faire glisser de quelques crans la fermeture éclair de cette veste sombre et luisante, liserée de rouge, qu’on leur donnait à porter. Elle semblait si légère, si souple. Pratique, comme le reste de leur matériel et, pourtant, ce n’était pas la première fois qu’il éprouvait autant l’impression de porter le monde sur ses épaules, d’être écrasé et incapable de résister. Un sourire lui échappa quand il fit courir le fermoir d’un geste sec. Trop sec, sans doute. Le petit morceau métallisé lui resta entre les doigts alors qu’il s’appuyait contre le casier voisin du sien, en joignant ses deux mains contre son front tout en se laissant glisser au sol.

Il était stupide. Déjà lorsque Rina avait découvert la vérité au sujet de Haruto, il aurait dû comprendre que garder les choses pour lui n’était pas une solution. C’était de cette façon que naissaient les problèmes, que tombaient les premières pierres d’un édifice soigneusement construit. La confiance, fondation des relations les plus durables, était un matériau fragile. Fragile et rare. En tout cas, elle l’était pour l’agent qui se redressa péniblement, enfouissant dans sa poche le morceau abîmé de sa veste si précieuse, les dents serrées. Pourquoi se retrouvait-il toujours dans de telles situations ? Pourquoi n’arrivait-il pas à être heureux ? Il disait souvent oui, approuvait les idées, s’engageait dans toutes les missions qu’on lui proposait, qu’elles soient longues, pénibles ou fatigantes. Comment aurait-il pu expliquer une vie aussi chaotique ? Ça défiait toute logique.

La seule réponse qu’il pouvait trouver, c’était lui. C’était de sa faute si les choses avaient pris un tel tournant. Il n’avait qu’à observer la façon dont il menait sa vie depuis quelques temps pour s’en rendre pleinement compte. S’il avait naïvement pensé que les choses iraient mieux en vivant avec Hyeri, en tirant un trait sur les années qu’il avait passées en compagnie de Rina et de Haruto, il ne pouvait que constater l’ampleur de son erreur. Sa relation avec elle n’allait pas mieux. Par sa faute. Encore. Alors qu’il s’engouffrait dans l’ascenseur qui menait à l’étage de la belle, ses traits se froissèrent, comme son cœur qui se serra douloureusement. Il devait lui parler. S’excuser. Faire autre chose que partir travailler et revenir en espérant un changement, quel qu’il soit.

Sa veste suspendue dans l’entrée, il poussa un soupir avant de rejoindre la chambre dans laquelle il pensait trouver l’étudiante endormie. C’était généralement le cas quand il rentrait, depuis quelques jours. Pas qu’il s’en plaignait : si elle dormait, il y avait moins de place pour les tensions qu’il sentait entre eux. Moins de place pour le mal-être qui semblait logé entre eux, comme un parasite prêt à tout détruire pour sa survie. Pourtant, ce n’est pas ce qu’il découvrit en poussant la porte, mais un spectacle plus désolant encore, qui lui fit retenir son souffle pour une paire de seconde durant lesquelles il n’osa pas dire un mot. « Hyeri ? » Les mots lui manquaient, maintenant qu’ils se croisaient éveillés. « Tadaima…»

Quelques jours plus tôt...


« Tadaima ! » Avait lancé la voix de l’agent, après avoir ouvert la dernière porte qui le séparait de son endroit préféré de tout Tokyo. Rien n’y manquait. Il y avait lui, il y avait l’élue de son cœur. Il y avait même le chat dont il ne parvenait pas à se faire aimer, malgré tous ses efforts. Les animaux n’avaient jamais été ses plus grands amis, mais il faisait un véritable effort depuis qu’il vivait avec Hyeri. Après des années passées sans la présence d’un seul animal, cohabiter avec une demoiselle féline (ou peut-être même deux) n’était pas forcément évident. Son sourire s’étira discrètement quand il vit arriver la plus charmante des coréennes, répondant à son baiser sans attendre, avec la même douceur qui soufflait à son cœur de battre plus vite. Les longues journées de travail ne rendaient que plus grand le bonheur qu’il ressentait en la retrouvant le soir venu.

Debout dans l’entrée, Koichi ôta sa veste et ses chaussures, l’oreille tendue à ce que la belle disait. « Du thé ? Oui, avec plaisir ! » Rien de tel qu’une boisson chaude pour se détendre et oublier les longues heures qu’il venait de passer à travailler. Les missions n’étaient pas simples et, depuis le bal de novembre, certains malins se croyaient au-dessus des règles qu’imposait l’entreprise. Un véritable supplice pour l’agent appliqué qu’il était. Un agent qui avait tendance à faire passer son devoir avant tout le reste.

« Ce n’est rien, c’est très bien une omurice. » Il ne demandait rien de plus. Se saisissant de la tasse de thé, il lui adressa un sourire et la remercia en la déposant sur la table, avant de se redresser et d’emporter la belle avec elle en se laissant tomber contre le dossier du canapé. Hyeri aurait même pu lui proposer des restes de la veille qu’il ne le lui aurait pas reproché. C’était le genre de personne à qui on ne pouvait en vouloir longtemps.

Pourtant, ces pensées avaient suffi à atténuer le sourire qu’il portait et à assombrir sa mine. Il lui arrivait de repenser à la discussion qu’il avait eue avec Rina, avant de partir vivre avec Hyeri. Une dispute futile qui avait pris de telles proportions que Richter seul n’aurait pas suffi à en mesurer l’ampleur. Il n’avait pas encore expliqué à l’étudiante ce qu’il s’était passé. Il s’était contenté, tout au plus, de mettre en avant ses heures de travail et les difficultés qu’elles leur posaient lorsqu’ils souhaitaient se voir. Mais le problème était tout autre. Si l’idée qu’elle puisse le juger pour avoir ainsi abandonné une femme et son fils ne lui avait pas traversé l’esprit, les choses auraient été différentes. S’il avait eu le courage de lui expliquer le fond de l’histoire aussi.

S’appuyant doucement contre le front de la belle, Koichi garda les yeux fermés en silence, un maigre sourire aux lèvres. Son parfum suffisait à l’apaiser. Sa présence à ses côtés guérissait d’ordinaire tous les maux. Pourquoi pas ceux-là ? « Fatigante, mais bonne, ne t’en fais pas. » Il tira un peu plus sur le coin de ses lèvres, faisant fi de ses yeux qui picotaient désagréablement. « Et toi, tout s’est bien passé ? » Préoccupé comme il l’était, il n’avait pas eu l’occasion de vraiment s’attarder sur l’emploi du temps de sa bien-aimée. Il aurait tout juste pu pointer du doigt les différentes choses qu’elle voyait en cours, et encore. L’idée de n’être pas assez présent pour elle, même en vivant avec elle, lui fendait le cœur.

C’était la faute de toutes ces choses qui lui occupaient l’esprit. Qui l’obnubilaient. Il lui arrivait d’oublier de manger, de tourner en rond durant des heures en réfléchissant à ce qu’il avait à faire. Son esprit était un terrain vague sur lequel les pensées parasites s’en donnaient à cœur joie et, ces derniers temps, il ne faisait que penser à ce qu’il ne lui avait pas dit. Hyeri ne méritait-elle pas la vérité ? Ne l’aimait-il pas assez pour ça ? Oh oui, il l’aimait. De tout son être, plus fort qu’il n’aurait pu l’imaginer au départ, lorsque le robot avait déclaré qu’elle était son élue. N’était-ce pas assez pour parler avec elle de tout ce qu’il s’était passé ce soir-là ?

Ce soir encore, les pensées nocives venaient entacher le bonheur qu’il éprouvait en la retrouvant. La fatigue et les remords suffisaient amplement à l’empêcher de profiter pleinement des moments qu’il passait avec elle.

Inspirant profondément, l’agent Ishikawa se redressa au fond du canapé, tendant le bras pour se saisir de la tasse qu’il avait posée sur la table. Une gorgée pour le courage. Une autre pour l’espoir. Un soupir d’air chaud caressa ses lèvres alors qu’il reposait les yeux sur Hyeri en même temps que la tasse sur la table. « Il y a… une chose dont j’aimerais te parler… » Avant que tout ne tombe en morceaux, si ce n’était trop tard.



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Moon Hyeri
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MessageVen 5 Mai - 20:15 (#)

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Si on lui demandait son avis, Hyeri affirmerait être parfaitement heureuse avec Koichi. Elle nageait dans un bonheur véritable. Cependant, la peur de se noyer restait logée au creux de son ventre. Ce mauvais pressentiment qui la poursuivait en eaux profondes. Quand elle voyait les traits tirés de Koichi, sa mine qui semblait toujours soucieuse, la jeune femme avait l'impression de toujours boire un peu plus la tasse. Pourtant, son élu n'était-il pas censé représenter sa bouée de sauvetage, lorsqu'elle pensait dériver ? Dans son océan d'incertitude, Hyeri ne parvenait pas à se décider où aller, s'il lui était judicieux de parler de ses angoisses à Koichi. Sûrement pas ? Ce n'était après tout qu'une intuition féminin mal placée. Pas besoin d'un phare pour lui indiquer que tout allait bien.

Parce que Koichi était là, toujours. Lorsqu'il rentrait le soir, le cœur de la Coréenne palpitait de joie de le retrouver. Il était si doux, ne la grondait jamais lorsqu'elle ratait le dîner. Il avait un peu maigri, et Hyeri se persuadait que c'était parce qu'elle le condamnait au régime végétarien forcé, avec ses viandes brûlées et son poisson plein d'arêtes. De plus en plus, la jeune femme se disait que ce ne serait pas si mal qu'elle se rattrape. N'y avait-il plus de cours de femme d'intérieur ? Le nom exact lui échappait, mais ça n'avait que peu d'importance. Ses yeux s'étaient reposés sur Koichi, et son cœur s'emballait. Quand il la regardait comme ça, son regard se perdait dans le sien, et Hyeri ne voyait plus la fatigue qui égratignait les traits de son élu.

« Tu devrais peut-être être un peu plus sévère avec moi ? » Et incarner le parfait cliché de l'époux japonais macho ? Hyeri, la grande féministe, qui pensait qu'une femme n'était pas cantonnée qu'à se tenir derrière fourneau et table à repasser ? « Je vais prendre des cours de cuisine. » Ses sourcils s'étaient froncés dans un geste soucieux et déterminé. La mère d'une amie à elle dispensait des cours du soir. Ce n'était pas si loin, elle ne serait absente qu'une heure ou deux. Et Koichi aurait finalement un vrai repas, quand il rentrerait. Chez eux ? Elle ne lui avait pas encore explicitement posé la question. Souhaitait-il emménager ? Au départ, ils s'étaient promis d'y aller doucement, malgré leur parfaite entente évidente. Chacun gardait son appartement, sa petite indépendance. Mais Koichi venait tout naturellement passer la plupart de son temps libre chez son élue, et ce n'était pas pour déplaire à cette dernière. Rapidement, elle lui avait fait de la place dans son dressing, lui avait vidé un tiroir dans la salle de bain, lui avait demandé d'inscrire ce don il avait besoin sur la liste de courses accrochée sur la porte du réfrigérateur. Hyeri en venait à oublier qu'il habitait officiellement ailleurs. Dans un appartement où elle n'avait jamais mis les pieds.

Mais assise contre lui, la jeune femme ne pensait pas à ce détail. Elle apprécia le tendre moment qu'ils partageaient. « L'Europe est un vrai casse-tête. » Un soupir franchit ses lèvres, mais elle retrouva rapidement le sourire. « Mais je suis parmi les mieux classées ! » La petite Coréenne avait toujours besoin de prouver qu'elle méritait d'être ici, être parmi les meilleurs de sa promotion était primordial. Avril sonnait le début de sa dernière année, tout se jouerait ces prochains mois. Elle ne voulait pas retourner en Corée du Sud. Sa place était bel et bien à Tokyo. Auprès de la personne qui lui était destinée.

Avalant une gorgée de son thé, Hyeri laissa son regard se perdre quelque part sur le tapis rond qui recouvrait presque toute la partie salon. La voix de Koichi l'interpella, ses propos d'autant plus. Un court instant, elle le fixa sans répondre, avant de finalement hocher la tête. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Son angoisse remonta d'un coup jusqu'à sa gorge. Elle avait l'impression de manquer d'air. Suivant le geste de son compagnon, elle posa sa tasse à côté de la sienne, avant de se rasseoir correctement, mettant sans s'en rendre compte un peu de distance entre eux. Ses doigts jouèrent entre eux, avant qu'elle ne joigne fermement ses mains sur ses cuisses. Le buste très légèrement retourné vers Koichi, Hyeri fit au mieux pour ne pas céder à la panique. Allons, c'était peut-être une bonne nouvelle ? Peut-être que son élu dramatisait le tout. S'il était muté, elle le suivrait ! Qu'il ne s'en fasse pas pour ça. Et s'il était rétrogradé ? Elle tenterait de comprendre et de l'encourager. Son soutien serait sans faille, promis ! Les lèvres pincés, la jeune femme puisa dans son courage pour sourire. Ses mains se délièrent et l'une s'étendit pour effleurer doucement l'une de celles de Koichi. « Tu en fait une tête. C'est quelque chose de grave ? » Hyeri se détestait d'être capable de se montrer maternaliste dans un moment pareil. Pourtant, si elle se montrait aussi grave que son compagnon, elle deviendra folle avant même de savoir de quoi il en retournait. Encore un peu, quelques secondes, Hyeri voulait se persuader que tout allait bien. Qu'elle vivait avec Koichi la plus belle histoire d'amour de la Terre. Avant que tout ne soit englouti.



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Kobayashi Koichi
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MessageJeu 11 Mai - 23:42 (#)

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Durant des années, une ombre menaçante avait plané au-dessus de la tête de Koichi, à chaque fois qu'il partait travailler, qu'il laissait Haruto seul avec Rina, et qu'il rentrait de l'entreprise, épuisé. Pas une seule fois il n'avait quitté la maison l'esprit tranquille, en pensant que tout allait bien se passer, qu'elle ne risquait pas de découvrir les papiers qui prouvaient, de la façon la plus évidente et officielle qui soit, que l'enfant dont il s'occupait depuis des années était celui d'un autre. Cette révélation, il l'avait crainte ; il l'avait redoutée plus que tout auparavant, et celle-ci avait néanmoins finit par arriver, fruit d'un hasard malheureux qu'il aurait mille fois préféré éviter. Cette discussion animée - le mot dispute étant trop inquiétant - lui restait en travers de la gorge, et son seul refuge avait été auprès de Hyeri, son élue. La seule femme à laquelle il se sentait encore capable de faire confiance. Mais à quel point ?

Cette question, il se l'était longtemps posée. Il lui avait énormément parlé de son travail, de la passion qu'il constituait, mais pas une fois l'agent n'avait évoqué les véritables raisons qui l'avaient poussé à s'investir à ce point dans l'entreprise, bien plus qu'il ne l'était au départ. Tout au plus lui avait-il dit que ses parents travaillaient là avant lui, que le robot était le moyen le plus sûr de créer des couples fiables et d'inverser la courbe de la natalité nipponne. Pas un mot, en revanche, sur la véritable identité du père de l'enfant qu'il élevait, sur la trahison qu'il avait dû essuyer ; qu'ils avaient dû essuyer, Shota et lui. Pour sa fierté, ou le peu qu'il lui restait, c'était trop difficile. Le problème, c'est qu'en taisant cette dispute et ses conséquences, il manquait d'honnêteté envers son élue. Avait-il à ce point peur qu'elle se moque ou le juge ? Pouvait-il vraiment prétendre qu'il lui faisait entièrement confiance, dans de telles conditions ? Depuis qu'il vivait avec elle, rien ne le torturait autant que ces réflexions.

Hyeri ne méritait pas ça. Elle ne méritait pas qu'il arrive chez elle et s'installe sans même prendre le temps de lui expliquer les véritables raisons de sa venue. Elle ne méritait pas qu'il passe le plus clair de son temps au travail et revienne à la maison avec pour seules histoires des histoires de couples qui battaient de l'aile ou qui allaient mieux. Elle aurait mérité tellement, tellement mieux. Hélas, depuis quelques mois, il ne faisait que reculer, que se perdre entre ce qu'il souhaitait vraiment, et ce qu'il s'était habitué à vouloir. Entre son propre bonheur, avec Hyeri, et celui de ceux dont il s'était promis de s'occuper, il y a de cela quelques années. À cause de ça, leur couple allait mal. Tout n'était pas aussi parfait qu'ils l'avaient espéré. Koichi restait malgré tout persuadé que l'Akai Ito ne s'était pas trompé. Le véritable défaut, c'était sa stupidité.

« Mais non, je suis certain que tu t'amélioreras avec le temps. » Lui aussi, avant de se mettre à cuisiner, faisait partie des plus mauvais. Même aujourd'hui, il était loin du chef étoilé, mais il se débrouillait. Il pouvait manger sainement, mais manquait de volonté. Que Hyeri cuisine pour lui l'arrangeait plutôt bien. « Vraiment ? Ça ne va pas te prendre trop de temps, avec les études ? » Toute dévouée qu'elle était, Hyeri restait étudiante, une situation que Koichi n'avait lui-même jamais connue. Difficile, dans de telles conditions, de savoir comment s'organisait exactement son horaire. Il avait bien essayé de le comprendre, mais ça lui semblait presque plus complexe que ses tours de patrouille, avec tous ces numéros et ces noms. Tant que Hyeri s'y retrouvait, c'était le principal. Tout ce qu'il espérait, c'est que ces cours de cuisines ne l'empêcheraient pas de la voir. Elle lui permettait d'oublier les choses qui allaient mal, de se sentir à sa place. D'être un peu plus heureux.

Aussi l'écouta-t-il, profitant de sa chaleur agréable contre lui, alors qu'ils discutaient de la pluie et du beau temps. L'Europe. N'était-ce pas ce continent particulier ? Non ! C'était une organisation, un regroupement de pays, si sa mémoire était bonne. « Il faudra que tu me donnes un cours sur tout ça, alors. Histoire que je me sente moins à l'Ouest. » Ou peut-être plus, en l'occurrence ? Les lèvres étirées de l'agent dévoilèrent brièvement ses canines, avant qu'il ne reprenne sur le même ton légèrement enjoué. « Mais ça ne m'étonne même pas de toi. » Appliquée comme elle l'était, elle méritait tous les prix à ses yeux. C'était d'ailleurs l'une des raisons qui le poussait à ne pas la déranger lorsqu'il rentrait et la trouvait en train d'étudier. Elle aurait bien mérité son diplôme, une fois sortie de là. À ses côtés, il n'en aurait pas été capable.

Mais l'inquiétude ne tarda pas à succéder à l'allégresse, quand Koichi retrouva ses questionnements habituels. N'étaient-ils pas heureux ? Sans doute pas assez. N'étaient-ils pas contents de vivre ensemble ? De son côté, il ne pouvait s'empêcher de penser à ce mensonge blanc, cette vérité inachevée qu'il lui devait. Il était venu parce qu'il l'aimait, oui, mais ce n'était pas l'unique raison. Il devait à Hyeri des explications bien plus complètes, peu importe combien il craignait sa réaction.

Cette réaction, d'ailleurs, Koichi l'attendit silencieusement, après avoir osé prononcer les quelques mots qui, sur le podium des phrases inquiétantes, devaient figurer en très bonne place. Il retint un rire nerveux à sa question, essayant de s'encourager mentalement, de ne pas se dégonfler, maintenant qu'il avait commencé. Il n'avait plus le choix. Il fallait qu'il tire un trait sur Rina, sur cette promesse qu'il lui avait faite. Aujourd'hui, s'occuper d'elle n'était plus son devoir. Il avait pris fin au moment même où il avait reçu les résultats du test.

Koichi scruta le regard de Hyeri durant de longues secondes, la boule au ventre et la gorge nouée. Il s'en voulait de l'inquiéter de la sorte, de lui imposer une ambiance aussi tendue alors qu'il venait de rentrer. Pour se donner un peu de courage, il frotta ses paumes contre ses cuisses et se redressa, les mâchoires serrées, alors que résonnait la question de son élue, dont la main trouva l'une des siennes, avant qu'il ne la saisisse pour la serrer délicatement. « Je t'aime. » Il voulait qu'elle le sache. Qu'elle se répète ces mots, qu'elle s'en rappelle. « Je voudrais juste qu'on parle des raisons pour lesquelles je viens plus souvent, depuis quelques temps. » Plus que venir régulièrement, il était presque toujours là. Il avait autorisé Rina à vivre dans l'appartement, le temps de trouver un autre endroit où aller, et préférait l'éviter autant que possible. La rancœur et la peine qu'il éprouvait à cause d'elle était bien trop grande. Pouvait-il l'expliquer de cette façon à Hyeri ? Toute cette histoire lui semblait absurde, même en l'ayant vécue. Comment avait-il pu être aussi naïf ? L'agent déglutit difficilement, joignant son autre main à la première qui tenait déjà la main de son élue.

La voix de Koichi, empreinte d'une gravité dérangeante, finit briser le lourd silence qui s'était installé. « Je ne t'ai pas dit toute la vérité au sujet de Haruto... Ce n'est pas... Pas vraiment mon fils. » C'était un bon début. « J'ai autorisé Rina à rester chez moi, le temps de trouver où aller avec lui. » Ce n'est qu'en resserrant ses mains autour de celle de sa petite amie que Koichi réalisa à quel point son angoisse était réelle. Il ne rêvait pas. Elles tremblaient.


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Moon Hyeri
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MessageVen 16 Juin - 0:00 (#)

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Non, Hyeri se savait cause perdue dans le domaine de la cuisine. Ça la désespérait. Etre aussi nulle, ça ne devait pas être permis. Pourquoi ne s'était-elle jamais montré plus assidue, lorsque sa mère préparait des petits plats simples ? Sa seule spécialité, c'était le kimchi. Plutôt cliché, elle en convenait, mais à force de s'entendre dire qu'une bonne épouse se jugeait à cette recette, la jeune Moon s'était efforcé de maîtriser son sujet. Malheureusement, son âme féministe lui avait soufflé que sa place n'était pas derrière les fourneaux. Elle avait beaucoup mieux à faire, et au vingt-et-unième siècle, il y avait de fortes chances qu'elle tombe sur un homme sachant mieux faire la cuisine qu'elle ! Son regard glissa sur Koichi, et la belle retint un rire incongru. A deux pouvaient-ils peut-être être en mesure de préparer un repas correct ? Après tout, ça ne dérangeait pas Hyeri, que de sortir au restaurant (même si elle n'exigeait évidemment pas des sorties dans des établissements étoilés) ! Le couple avait déjà commandé des plats à livré, et la jeune femme s'était presque habituée à dévorer une pizza devant un film en compagnie de son élu. Elle filait sans faillir à la salle de sport, le lendemain. Son emploi du temps était chargé, mais Hyeri trouvait toujours du temps pour des activités qui lui tenaient à cœur. Apprendre à cuisiner lui paraissait presque essentiel, aujourd'hui. Elle ne souhaitait pas que Koichi ait à rougir devant ses collègues lorsqu'il la présenterait à eux. Oui, elle s'occupait bien de lui, le nourrissait de bons petits plats. Encore une fois, la féministe en elle hurlait, mais la belle la faisait taire en arguant qu'elle pouvait bien faire cet effort pour lui. « Si tu veux, mais attention, je serai une professeure très sévère ! » Elle pouffa, avant de l'embrasser doucement sur la joue. Hyeri avait du mal à se montrer modeste, lorsqu'il était question de ses études. Un charmant sourire aux lèvres, elle accepta le compliment.

Néanmoins, son euphorie retomba comme un soufflé. Son mauvais pressentiment se fit plus fort au fur et à mesure qu'elle parlait, avec l'impression désagréable que ce qu'elle disait volait dans le vent, n'avait aucun sens. Comme si elle babillait pour combler un silence trop pesant. Et ça ne lui plaisait clairement pas. Sans trop savoir comment, Hyeri arrivait à se maîtriser, à ne pas crier. Ça ne servirait à rien de se montrer hystérique. Elle voulait que Koichi lui parle, pas qu'il se referme sous son insistante trop pressante. Délicatement, elle tenta un rapprochement, espérant que sa douceur l'aiderait à le faire parler. Sa main serra la sienne, mais se fut plus un réflexe qu'autre chose, devant le ton grave de son élu. La belle aurait tant aimé lui répondre qu'elle aussi l'aimait. A chacun de ses mots, son cœur battait plus fort dans sa poitrine. Les lèvres pincées, son regard ne décrochait pas du sien. Que s'était-il passé ? Hyeri commençait à sérieusement s'inquiéter.

« Haruto-kun... ? » Tout bas, sa voix avait séparé chaque syllabe, d'un ton inquiet et aigu. Hyeri se souvenait de ce moment où Koichi lui avait avoué avoir un fils. Elle avait fait bonne figure, bien que ça l'avait ébranlée. Son élu était déjà père ? Néanmoins, petit à petit, l'idée avait fait son chemin, et la Coréenne commençait à accepter cette idée. Elle commençait même à lentement émettre l'hypothèse d'une éventuelle rencontre, tous les trois. Au fond, elle voulait que son fils l'aime ! Loin d'elle l'envie de jouer les méchantes belle-mères. Et voilà que Koichi lui annonçait que Haruto n'était pas son fils ? « Comment ça ? » Sans qu'elle ne puisse réfléchir à son geste, Hyeri avait retiré sa main de la sienne. « Je ne comprends pas... Comment as-tu su que ce n'était pas ton fils ? » Et malgré tout, il avait laissé son ex-copine vivre chez eux. Son cœur se serra, et une jalousie profonde la mina. « Tu la voyais encore ? » Ses sourcils se froncèrent. Sa confusion était totale. En vérité, Hyeri ne savait pas trop ce qu'elle s'était imaginé. Sûrement que cette Rina vivait ailleurs et que Koichi et elle se partageaient la garde de leur fils. Quelque chose comme ça. « Qu'est-ce que ça veut dire, Koichi ? » Le tonnerre grondait bel et bien, apporta avec lui un gros orage.



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my memory
그리고 그리고 그려봐
너의 얼굴 너와 걷던 그 거리
모든 게 달라 보였어 •• ALASKA (mamamoo)

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Kobayashi Koichi
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MessageDim 25 Juin - 23:07 (#)

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Koichi avait toujours trop donné. Dans son enfance, déjà, il partageait avec qui le lui demandait, pour le bien de ses amis, de ceux avec qui il s’entendait. Ses parents lui avaient expliqué que la société était un ensemble de personnes qui vivaient les unes avec les autres, comme une énorme famille, et qu’il fallait, pour éviter les problèmes, faire de son mieux pour ne pas créer de conflits. En grandissant, il s’était ancré cette idée dans la tête, avait commencé à céder toujours plus de choses à la communauté dans laquelle il vivait, jusqu’à devenir partie intégrante d’un système qui lui demandait de n’être qu’un intermédiaire entre un robot faiseur de couples et les individus qui s’y inscrivaient. Mais s’intégrer à ce point dans un organisme, c’était se considérer comme égoïste à chaque fois qu’il prenait une décision par lui-même ; c’était considérer ceux qui souhaitaient changer le système comme des êtres plus égoïstes encore. C’était oublier la personne qu’il était lui-même, avec ses désirs et ses besoins. La famille en était un.

Après le départ de son meilleur ami et la grossesse de sa meilleure amie, Koichi n’avait plus pensé qu’à ce que cela représentait. Un fils, une femme potentielle, une famille à aider, pour laquelle il devait être présent en dépit du travail et des difficultés. C’était beaucoup de pression pour les épaules d’un seul homme, encore plus quand ce-dernier était déjà convaincu d’avoir de grandes responsabilités, alors qu’on ne faisait que l’utiliser pour répandre des idées. Voir les vérités dont il s’était convaincu réduites à néant par un simple morceau de papier avait été un coup difficile à encaisser, et il n’avait jamais réussi à passer au-dessus. La possibilité que Shota ou Rina découvre ce test, cette épée de Damoclès prête à tout détruire définitivement, ne l’avait pas encouragé à jeter les résultats pour autant : ça n’aurait pas été correct. C’était cacher et mentir. Se mentir.
Comme s’il ne le faisait pas déjà.

Pendant des mois, il avait pensé que son secret perdurerait. Il avait cru que personne, jamais, ne serait au courant de l’identité du véritable père de Haruto. Quel naïf il avait été ! Un tel dénouement était couru d’avance. Inévitable.

Il ne cessait d’y penser. Chaque moment de bonheur était terni par la conversation qu’il avait eue avec Rina, par les décisions qu’il avait prises. En l’abandonnant de cette façon, n’avait-il pas été égoïste ? N’avait-il pas, sans réfléchir, décidé de prendre ses distances avec la femme qu’il avait juré de protéger, quelques années plus tôt ? Et qu’en était-il de Haruto ? Un torrent d’interrogations torturait le cœur et l’esprit de l’agent qui, malgré tous ses efforts, ne parvenait à se changer les idées. Pas même en présence de Hyeri.

C’était, en vérité, l’étudiante coréenne qui lui rappelait ses problèmes. Un comble, quand on savait qu’elle n’avait rien à voir avec l’histoire. Mais combien de temps sourirait-elle encore avec lui ? À ses côtés ? Combien de temps lui faudrait-il pour comprendre qu’il amenait avec lui tout un tas de soucis dont elle aurait pu se passer ? Ils avaient vaguement parlé de Haruto, en des termes évasifs, en omettant des informations importantes. Qui pouvait dire comment elle réagirait, quand il lui expliquerait tout ça ? Ils vivaient presque ensemble, mais il était le seul à en connaître les raisons. Quelque chose sonnait faux.

Conservant le tendre sourire qu’il avait avec elle, Koichi répondit à la remarque de la belle étudiante. « J’ai pas peur de ça. » Sévère ou non, il l’aimait, et il maudissait toutes les personnes qui osaient dire que l’Akai Ito était incapable de trouver des personnes compatibles. Les sentiments qu’il éprouvait pour Hyeri n’étaient pas feints.

Ce qui ne l’était pas non plus, hélas, furent les mots qui suivirent, quand il songea qu’il était temps de parler à Hyeri de ce qu’il avait sur le cœur depuis le jour où il avait commencé à venir de plus en plus souvent. Les mensonges n’étaient qu’un poison qu’il injectait dans leur relation et qui gagnait en puissance à mesure que passaient les jours. Il ne pouvait perdre une personne supplémentaire à cause de ses bêtises.

Les doigts doucement serrés autour de son élue, Koichi garda les mâchoires serrées. Chaque mot pesait des tonnes, tout comme le regard de Hyeri, dont la voix répétait déjà le prénom du fils qu’il avait reconnu. Il poursuivit son explication, s’efforçant d’être clair malgré l’émotion. Mais quand la main de son élue quitta la sienne, il dut joindre les siennes pour maîtriser ses tremblements, estimant qu’il n’était pas correct de se montrer aussi nerveux pour une simple conversation. Ah, si seulement cette conversation l’avait été. Simple.

La tête bêche, sans plus oser lever les yeux pour croiser le regard de Hyeri, Koichi garda les mains serrées à s’en faire mal. « J’ai fait un test de paternité, il y a un moment maintenant. » Le cœur en travers de la gorge, il peinait à trouver ses mots, butant sur les questions que lui posait son élue, auxquelles il ne pouvait donner réponse sans risquer de lui faire de la peine. C’était comme piloter une voiture lancée à pleine vitesse, voir le mur qui se trouvait au bout du chemin, mais être incapable de freiner ou de virer. Il ne voulait plus lui mentir.

Koichi prit une profonde inspiration, rassemblant son courage et ses forces pour reprendre ses explications. Ses mains tremblaient encore, posées sur ses jambes. Sa voix elle-même, basse et hésitant, semblait avoir honte. « Rina et moi vivions ensemble jusqu’à il y a quelques temps. » C’était absurde. Il le savait. N’importe qui aurait compris que vivre avec une femme en en voyant une autre n’était pas sain, surtout si l’une d’entre elle était présumément la mère de votre enfant. « J’avais promis de m’occuper de Haruto et elle quand on a appris qu’elle était enceinte. » Mais cela justifiait-il la situation, maintenant que Hyeri et lui étaient ensemble ? Koichi ferma les yeux, laissant place au silence. « Mais ce n’est pas mon fils, reprit-il difficilement. C’est celui de notre meilleur ami. » Sur ces derniers mots, la voix s’éteignit graduellement. C’était ce qu’il avait toujours refusé d’admettre ; un luxe qu’il ne pouvait désormais plus se permettre.


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Lucky One — The moment I rage like the storm And you stop in my world You are my only one The moment I discover you You shine more radiantly I’ll be the lucky one ; © me'ow



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